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Le mercredi 09 novembre 2005
ÉNERGIE ÉOLIENNE
Le plan de Marois n'est pas réaliste, selon Corbeil
Hélène Baril, La Presse
Pauline Marois rêve en couleurs
si elle croit possible de développer 10 000 mégawatts supplémentaires d'énergie éolienne au cours des 10 prochaines années, estime le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil." C'est beaucoup trop ", a-t-il commenté hier, en rappelant que les études les plus récentes affirment que le réseau d'Hydro-Québec pourra absorber un maximum de 4000 mégawatts d'énergie éolienne d'ici 2015.
Selon lui, ce n'est ni raisonnable ni responsable de la part de Pauline Marois de susciter de faux espoirs dans la population. " Sans jouer les rabat-joie, nous devons être réalistes. Pour l'instant, 85 % du potentiel éolien est situé dans le Grand Nord et est peu accessible et difficilement aménageable ", a expliqué Pierre Corbeil. Beaucoup de gens croient que l'éolien est un substitut à l'hydroélectricité et oublie le caractère intermittent du vent, a déploré le ministre.
La candidate à la succession de Bernard Landry a aussi proposé la création d'une société d'État, Eole Québec, pour prendre en charge le développement éolien. Le Québec n'a pas besoin de ça, selon le ministre Corbeil. " Ça fait référence à une formule du PQ de réglementation, centralisation, étatisation. On n'est pas dans ce registre-là. "
Selon lui, le premier appel d'offres d'Hydro-Québec pour 1000 mégawatts d'énergie éolienne a produit d'excellents résultats et le deuxième, pour 2000 mégawatts, a été calqué sur le premier.
" Hydro va continuer de surveiller le développement du secteur éolien ", a-t-il dit.
Le ministre Corbeil participait hier à un colloque sur l'énergie éolienne organisé par l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPR) où, on il va s'en dire, la proposition faite la veille par Pauline Marois a alimenté bien des conversation.
Interrogé à ce sujet, le président d'Hydro-Québec Distribution, André Boulanger, s'est montré plus prudent que le ministre Corbeil, mais il est d'avis lui aussi que le potentiel d'intégration de l'énergie éolienne au réseau hydroélectrique est limité.
Hydro-Québec prévoit que l'énergie éolienne représentera 10 % de sa capacité de production de 40 000 mégawatts dans 10 ans. Si le plan de Pauline Marois se réalisait, la part de l'éolien grimperait à 25 % de la capacité de production du réseau d'Hydro-Québec.
" Techniquement, il n'y pas de limite, a expliqué André Boulanger, mais il y a aussi une question économique. " Il faudrait investir dans les infrastructures de transport pour aller chercher cette énergie, ce qui en augmenterait le coût, a-t-il poursuivi.
Hydro-Québec croit donc que son réseau ne peut pas intégrer plus de 4000 mégawatts d'énergie éolienne, à moins d'investissements massifs qui empêcheraient l'opération d'être rentable.
Le président d'Hélimax, Richard Legault, estime lui aussi que ce n'est pas une question de potentiel, mais de coût. Hélimax a réalisé une étude sur le potentiel éolien du Québec, qui est considérable, et pas seulement dans le Grand Nord. Il y a sûrement 10 000 mégawatts de plus à développer au sud du Saguenay, a soutenu son président. " Le potentiel est là, si on décide de le développer, c'est faisable, mais il faut le planifier. Il y a un coût rattaché à ça. "
La stratégie s'en vient
Par ailleurs, le ministre des Ressources naturelles a fait savoir que le projet de stratégie énergétique de son gouvernement sera rendu public " avant la fin de novembre ". Le document sera disponible sur Internet et la population sera invitée à le commenter. Le gouvernement tiendra compte des commentaires et des suggestions qui lui auront été envoyés avant de publier sa stratégie définitive, quelque part en janvier.
La politique énergétique arrivera donc plus d'un an après le début des consultations menées par le gouvernement et deux ans après le débat sur le Suroît. D'abord promise pour le printemps, puis l'automne, l'étape finale de cet exercice a dû être remise à cause de changements de ministre et de sous-ministre, a expliqué Pierre Corbeil.
" Je n'ai pas de complexe avec ça, a-t-il dit. La Colombie-Britannique a pris deux ans pour faire la même chose. "
-----Original Message-----
From: Jaro [mailto:jaro-10kbq@sympatico.ca]
Sent: Monday, November 07, 2005 11:28 PM
To: multiple cdn
Subject: 10,000 MW more wind power in Quebec ?....another case of politicians seeking to out-wind-power each other -- while remaining clueless about the impacts of what they're proposing, or the results of similar programs elsewhere.Jaro
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Marois propose un plan de développement de l'éolien
Presse Canadienne, MontréalPauline Marois a dévoilé lundi à Montréal un ambitieux plan de développement de l'énergie éolienne.
Si elle devient chef du Parti québécois et première ministre,
Mme Marois s'engage à investir 17 milliards $ en dix ans afin de dégager 10 000 mégawatts d'électricité provenant de l'énergie éolienne.Mme Marois propose également d'utiliser les revenus de l'énergie éolienne pour créer un fonds vert de 3 milliards $ dont une partie sera consacrée à l'économie des régions et l'autre à l'environnement.
Par ailleurs, le plan énergétique de Mme Marois prévoit aussi de mettre la priorité sur l'efficacité énergétique et elle n'écarte pas la possibilité de lancer une corvée avec un important appui de l'État pour aider les ménages à améliorer l'isolation de leurs maisons, source de pertes d'énergie importantes.
Dans un autre ordre d'idées, à une semaine du choix d'un nouveau chef au Parti québécois, Mme Marois dit se sentir de plus en plus confiante. Elle précise qu'elle savait dès le départ qu'elle avait un retard à rattraper et dit avoir constaté, depuis environ trois semaines, que le vent tourne en sa faveur.