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[cdn-nucl-l] $4 bln. Rupert diversion hydro project in doubt following election loss of Cree chief Ted Moses



http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actualites/article/16/1,63,0,092005,1165263.php

Le vendredi 16 septembre 2005

Élections chez les Cris du Québec

L'ancien chef Ted Moses est défait

Jocelyne Richer, Presse Canadienne, Québec

Un durcissement des relations entre les Cris et Hydro-Québec se pointe à l'horizon, avec l'élection, jeudi, de Matthew Mukash, choisi comme grand chef du conseil de bande, en remplacement de Ted Moses.

M. Mukash, grand défenseur de l'énergie éolienne, est reconnu pour s'opposer farouchement au développement hydro-électrique du nord, en général, et à la dérivation de la rivière Rupert, en particulier.

Or, cette dérivation fait partie du plus important projet de la société d'État de toute la décennie.

Le détournement des eaux de la rivière Rupert, d'ici 2009, permettra à terme d'alimenter pas moins de six centrales de la Baie James: Eastmain-1 (en construction), Eastmain-1-A (présentement à l'étape de l'évaluation environnementale), la Sarcelle, Robert-Bourassa, LG-2A et LG-1.

Grâce à ce projet de construction d'Eastmain-1-A et de dérivation de la Rupert, évalué à 4 milliards $, Hydro compte augmenter sa production annuelle moyenne d'énergie d'environ 8,5 térawattheures (TWh).

Jeudi, M. Mukash a été proclamé vainqueur du scrutin électoral visant à choisir le grand chef des Cris du Québec. Au total, 5787 Cris se sont prévalus de leur droit de vote et M. Mukash a remporté 56 pour cent des suffrages, avec 3236 voix, contre 2509 pour son rival (43 pour cent du vote), Ted Moses, perçu en général comme plus modéré et dont le nom est étroitement associé à la signature de la Paix des Braves, en 2002, avec le gouvernement de Bernard Landry.

Dans les années 1990, M. Mukash, alors chef des Cris de Poste-à-la-Baleine, où il habite toujours, s'était opposé avec vigueur au projet de Grande-Baleine, qui avait finalement été mis de côté.

Officiellement, M. Mukash n'est pas contre la Paix des Braves, mais il s'oppose à ce qu'y paraît être la pierre angulaire de l'entente, soit la dérivation de la rivière Rupert.

En entrevue, le nouveau Grand chef des Cris tient un discours prudent, et évite les déclarations incendiaires.

«L'évaluation environnementale du projet n'est pas terminée. Il y a encore moyen de sauver la rivière», a-t-il dit, lors d'un entretien téléphonique, vendredi.

Il se dit ouvert au «dialogue», à la «diplomatie», et veut surtout consulter les autres chefs cris, avant de préciser quelles sont ses intentions.

M. Mukash se dit conscient des enjeux financiers majeurs qui sont en cause et veut se montrer «très prudent» avant de prendre des décisions.

La nouvelle de son élection a été bien accueillie par l'organisme Révérence Rupert, qui milite en vue d'empêcher l'utilisation de la rivière pour tout projet hydroélectrique.

Le porte-parole, Nicolas Boisclair, soutient qu'«il faut réouvrir la Paix des Braves, en tenant compte du fait qu'on sait des choses sur l'énergie éolienne qu'on ne savait pas à l'époque», sur le coût de revient de l'énergie éolienne, notamment.

Comme M. Mukash, il rappelle que le potentiel éolien du nord du Québec «est faramineux» et peut constituer une solution de rechange réaliste à l'hydroélectricité.

En 2002, le Grand conseil des Cris et Hydro-Québec avaient signé une convention visant à préciser les droits des Cris relativement au projet d'Eastmain-1-A et de dérivation de la Rupert. Ils ont alors obtenu l'assurance qu'ils seraient consultés tout au long de la phase d'avant-projet et qu'ils participeraient directement aux études et aux travaux.

Chez Hydro-Québec, aucun porte-parole n'était disponible vendredi pour commenter l'élection de M. Mukash et ses conséquences possibles sur les grands projets de la société d'État.