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[cdn-nucl-l] " Suroît contre suroît " -- the "éolienne" alternative



Here's an interesting article about wind power potential in Quebec.
It states clearly the difference in CFs (or "facteur d'utilisation" - FU in
French) of thermal plants versus windmills: "the chief disadvantage of wind
power is a big one : one simply cannot rely on it."
The director of Quebec's largest wind power plant, the Nordais at Cap Chat
in the Gaspesie, is quoted as saying that the CF is "about 20%, or even
less" (he also expresses his support for the Suroît NG plant project).

Regrettably, the article ends with a pot shot at Quebec's nuclear power
(quoting a retired IREQ engineer), without any supporting arguments - as if
it were gospel. 
Years ago, a decision was made to forgo further expansion of nuclear in
Quebec, so here we are now, building a series of large NG base load plants,
which environmentalists are protesting against: "c'était une très bonne
décision" the article concludes.
Très bonne my foot !

 Jaro
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http://www.cyberpresse.ca/technosciences/article/1,5296,0,022004,572668.shtm
l
Suroît contre suroît
Charles Côté
La Presse, Le lundi 02 février 2004

Il y a deux suroîts. En langage de marine, le suroît est le vent du
sud-ouest. Mais le Suroît, c'est aussi le nom de la centrale thermique
qu'Hydro-Québec veut construire à Beauharnois.

En réclamant que le Québec mise sur l'énergie éolienne plutôt que sur une
centrale polluante, les écologistes se tournent vers un suroît pour en
contrer un autre.

Mais l'énergie du vent est-elle assez abondante, économique et fiable pour
que le Québec évite de prendre le virage thermique?

Une chose est sûre: il vente fort et souvent au Québec. Assez pour que les
plus grands acteurs mondiaux, la plupart européens, soient en train de faire
des propositions à Hydro-Québec pour lui fournir de l'énergie avec des
éoliennes en Gaspésie.

«Nous savons que le potentiel éolien est très bon en Gaspésie, affirme
Martin Paituvi, de Green Wind, filiale de la société espagnole Gamesa. Mais
il n'est pas exceptionnel. Il y a peut-être des endroits encore meilleurs au
Québec.»

Green Wind participe donc à l'appel d'offres qu'Hydro-Québec a lancé pour
installer 100 mégawatts d'éoliennes par année pendant 10 ans dans la
péninsule gaspésienne.

Question de relancer l'économie de la région, Québec a choisi la Gaspésie
pour concentrer le démarrage de l'industrie éolienne, même si les ressources
en vent sont aussi très bonnes ailleurs.

Douze fois la puissance du Suroît?

Jean-Louis Chaumel, de l'Université du Québec à Rimouski, évalue le
potentiel éolien du Québec à 10 000 MW, l'équivalent de 12 fois la puissance
du Suroît.

«Juste en Gaspésie, on n'a pas de problème jusqu'à 2000 MW. La Côte-Nord
peut supporter entre 2000 et 4000 MW. À la baie James, sans vouloir présumer
du consentement des autochtones, on peut compter un potentiel de 3000 MW. Et
il y a du potentiel ailleurs dans le sud du Québec.»

Le ministère des Ressources naturelles est moins généreux dans son
évaluation. «On estime en avoir pour au moins 2000 MW mais cela reste à
préciser, dit Richard Boucher, directeur des politiques et technologie de
l'énergie au MRN. C'est très estimatif. Le potentiel n'est pas cerné avec un
chiffre solide.»

Pour M. Paivuti, «2000 MW, c'est un chiffre conservateur. En Espagne, nous
avons 6000 MW installés et l'Allemagne en a 14 000 MW, sur des territoires
plus petits».

Cependant, même si on s'entendait sur le potentiel, on ne pourrait pas
comparer directement les mégawatts éoliens avec les mégawatts thermiques.
Quand il ne vente pas, les éoliennes arrêtent de tourner, alors que les
turbines au gaz naturel de la centrale du Suroît tourneront 95 % du temps.
C'est le principal défaut de l'énergie éolienne, et il est majeur: on ne
peut pas compter dessus.

L'eau et le vent

Pour cette raison, Yvan Dupont a beau être un promoteur de l'énergie
éolienne, comme dirigeant du Nordais, propriétaire à Cap-Chat du plus grand
parc d'éoliennes au Québec, il ne condamne pas la décision d'Hydro-Québec-
son client. «Je pense qu'on a quand même besoin du Suroît», dit-il. Mais,
grâce à ses grands barrages, le Québec est peut-être le mieux placé au monde
pour contourner ce problème, selon plusieurs analystes. On peut ralentir les
turbines quand il vente et les relancer quand il cesse de venter. Il
faudrait en plus augmenter la puissance de certaines centrales
hydroélectrique, de façon à pouvoir répondre à la demande de pointe.

«Si on voulait, on pourrait satisfaire tous les besoins énergétiques du
Québec pour 50 ans en développant l'éolien et en ajoutant des turbines dans
toutes les centrales», affirme Réal Reid, ingénieur et chercheur à la
retraite qui a travaillé pendant 22 ans à l'IREQ, le centre de recherche
d'Hydro-Québec.

«Le Québec a une capacité inouïe, unique au monde d'emmagasiner l'eau quand
le vent fait défaut, dit M. Chaumel. Ce serait un manque de vision
internationale de ne pas en profiter.»

Côté rentabilité, selon M. Paivuti, les propriétaires de parcs d'éoliennes
sont satisfaits quand elles tournent 30 % du temps. L'expérience québécoise
montre jusqu'ici que ce chiffre de 30 % comme « facteur d'utilisation » (FU)
est difficile à atteindre. «Les FU sont faibles, environ 20 % et même
moins», dit M. Dupont.

Une affirmation qu'il faut nuancer, explique de son côté M. Chaumel. «Les
périodes de pointe sont celles de grands froids accompagnés de vent, dit-il.
Et à ce moment-là c'est bien de 100 % des 10 000 MW de puissance que l'on
dispose.»

La question des coûts

Le coût initial d'une centrale thermique est plus faible que celui d'une
éolienne. Le Suroît coûtera 550 millions pour 836 MW, soit 660 000 $ le
mégawatt. Le parc d'éoliennes que la société 3Ci s'apprête à construire près
de Murdochville coûtera 180 millions pour 108 MW, soit 1,7 million le
mégawatt. C'est deux fois et demie plus cher qu'une centrale au gaz.

Mais par la suite, le carburant des éoliennes est gratuit, tandis que le gaz
ne l'est évidemment pas. En fait, de l'aveu même d'André Caillé, président
d'Hydro-Québec, il est impossible de prédire combien coûtera le gaz naturel
quand le Suroît entrera en service en 2007. Au cours actuel, l'électricité
du Suroît coûtera entre 6 et 7 cents le kilowattheure (KWh) à produire.

Quel est le coût de l'énergie éolienne? «Plus de 8 cents» le KWh, selon M.
Dupont. Les autres acteurs de l'industrie, concurrents potentiels de M.
Dupont, gardent jalousement le secret sur leurs coûts de production
escomptés. Ce qu'on sait, toutefois, c'est que depuis 10 ans, les coûts
n'ont cessé de baisser. Et le Nordais date de 1998.

Selon Robert Hornung, de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, «il
est possible de produire à 6,5 cents un peu partout au Canada. Cela a été
fait dans le sud de l'Alberta».

«L'énergie éolienne est parfaitement compétitive et plus personne n'ose dire
le contraire, dit M. Chaumel. Il y a deux ans, Hydro-Québec disait encore
que c'était trop cher. Plus personne ne dit ça.»

Le Québec timide

Pour le ministère des Ressources naturelles et Hydro-Québec, la vérité se
trouvera dans les enveloppes des soumissionnaires à l'appel d'offres. Mais
peu importe le résultat, les autorités n'envisagent pas d'accélérer
l'implantation d'éoliennes. «On attend de voir comment le prix sortira dans
des conditions de marché, dit M. Boucher, du MRN. On fera le point entre
2006 et 2012.»

Les partisans de l'énergie éolienne trouvent le programme québécois de 100
MW par an bien timide. À son terme, en 2012, le Québec ne comptera que 3 %
de puissance éolienne, alors que l'Ontario a annoncé la semaine dernière
qu'elle visait 5 % en 2007. «Règle générale, une participation de 10 % dans
la puissance installée est acceptable, dit M. Paituvi. En Espagne, nous
avons 15 %.»

Selon M. Chaumel, un programme de 500 MW par an serait réalisable. D'autant
plus qu'une nouvelle classe d'investisseurs s'intéresse à ce genre de
projet, selon François Rebello, spécialiste des l'investissement responsable
chez Demers Conseil. «De plus en plus, les fonds d'investissement
responsable cherchent à investir dans la technologie environnementale et la
filière éolienne est l'une des plus intéressantes, dit-il. Je suis convaincu
qu'il y a des possibilités importantes de faire des investissements privés
si Hydro-Québec demandait plus d'énergie éolienne.»

Au-delà de la finance, M. Reid estime que le Québec doit faire le choix
politique. «À un moment donné, dans les années 1970, on croyait que le
nucléaire serait bon, dit-il. Tout le monde en faisait et Hydro voulait
faire pareil. Mais le gouvernement a décrété un moratoire. Avec le recul, on
réalise que c'était une très bonne décision. Aujourd'hui, c'est un peu la
même situation.»

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