http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/1,63,0,012004,562601.shtml Le jeudi 22 janvier 2004 André Caillé arrosé par un environnementaliste Presse Canadienne Québec Un environnementaliste en furie contre le projet de centrale thermique du Suroît a livré jeudi un message pour le moins «limpide» au président-directeur général d'Hydro-Québec, André Caillé. L'écologiste Michael Rioux, membre de la fondation Rivière, s'est infiltré sournoisement dans un point de presse qu'accordait M. Caillé dans les couloirs de l'Assemblée nationale pour lui verser, par derrière, un grand verre d'eau sur la tête. M. Caillé était à justifier la pertinence du projet du Suroît, en marge de la commission parlementaire examinant le Plan stratégique 2004-2008 d'Hydro-Québec. «On peut nous arroser comme on voudra, mais on a la responsabilité de satisfaire la demande des Québécois, la sécurité énergétique des Québécois. C'est mon devoir de le faire et je vais le faire», a répliqué d'un ton ferme le PDG, le visage ruisselant mais nullement ébranlé par l'agression. «Je voulais montrer, par ce geste d'éclat, que la génération de mon âge n'accepte pas le projet», a par la suite calmement expliqué Rioux, qui est demeuré sur place plusieurs minutes avant d'être finalement escorté vers la sortie. La filière thermique, soutiennent les groupes écologistes, est un choix désastreux sur le plan environnemental et compromet les engagements de l'Assemblée nationale à l'égard du protocole de Kyoto. Dès sa mise en service en 2007, la future centrale va cracher dans l'atmosphère 2,25 millions de tonnes de gaz carbonique pour une production annuelle de l'ordre de 6,5 TeraWatt-heure (TWh). Ces nouvelles émanations de gaz à effet de serre équivalent à la pollution que génèrerait 500 000 voitures de plus dans le parc automobile québécois. Les opposants au projet prétendent qu'Hydro aurait pu se passer du projet Suroît en développant davantage le potentiel éolien ou tout simplement en appliquant des mesures d'économie d'énergie. «Je comprends leur déception, mais que voulez-vous que j'y fasse ! a dit M. Caillé. On ne peut faire autrement que de dire que l'on utilise la meilleure technologie. Hydro-Québec est, et va demeurer, le champion toute catégorie à travers le monde du point de vue (du contrôle) des gaz à effet de serre. Cela choque peut-être, visiblement, mais c'est comme ça, c'est ça la réalité.» La croissance de la demande intérieure d'électricité a fait fondre la marge de manoeuvre dont disposait Hydro-Québec et rendue indispensable et urgent le projet du Suroît, a fait valoir le grand patron. «L'affaire qui se construit le plus vite c'est une centrale thermique. La meilleure affaire dans le thermique, c'est une centrale combinée et c'est cela qu'on fait», a-t-il dit, soutenant qu'il aurait été impossible d'obtenir des résultats aussi rapides en exploitant le potentiel éolien. De plus, a-t-il fait remarquer, l'énergie éolienne «s'interrompt quand il arrête de vanter. Tandis que le thermique peut fonctionner tout le temps». Deux phénomènes, que n'avaient pas vu venir Hydro-Québec, expliquent l'accroissement de la demande depuis quelques années. D'abord, l'activité industrielle s'est intensifiée, notamment avec l'agrandissement de l'aluminerie Alouette de Sept-Iles, ensuite le nombre de ménages a considérablement augmenté. «La croissance des livraisons aux distributeurs a augmenté de près de 9 TWh lorsqu'on compare la situation à l'année 2002. C'est 5,5 pour cent de croissance. Personne ne pouvait envisager ça», a mentionné Thierry Vandal, président de la division production d'Hydro-Québec. La solution thermique est une initiative exceptionnelle répondant aux besoins du moment, a-t-il pris soin de préciser. Le développement hydroélectrique demeure et restera le créneau d'Hydro-Québec. D'ici 2008, la société d'État prévoit en effet augmenter de 10 TWh la production annuelle d'hydroélectricité avec la mise en service accélérée des centrales Grand-Mère en 2004, Toulnustouc en 2005, Eastmain 1 avant l'été 2007 et Péribonka (au Lac St-Jean) en 2008. «Globalement, ce sont donc 5,4 milliards $ qui seront investis au cours des cinq prochaines années pour augmenter la capacité de production de la division», a dit M. Vandal.
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